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Des informations sur mes photos me sont souvent demandées, concernant le matériel, les retouches effectuées… Cette page tente donc d’apporter quelques précisions sur mes images.

Pour simplifier tout de suite, je n’ai aucune formation ni « culture » photographique, qui d’ailleurs ne me passionne pas vraiment… Je n’ai aucun modèle parmi les grands noms de la photographie, vu que de toute façon j’en connais très peu… Je n’ai pas non plus d’attachement particulier à un matériel ou à une marque, un appareil photo n’est la plupart du temps qu’un simple boitier en plastoc contenant de l’électronique fabriqué en grande série à l’autre bout du monde, il n’y a donc pas de quoi s’enthousiasmer pour une marque plutôt qu’une autre…

Pour moi faire des photos c’est seulement un jeu! ;-). Je ne fais des photos que comme un simple loisir depuis à peine 7 ou 8 ans, au même titre que je pratiquais auparavant le vtt… La photo fait juste moins mal au dos… :-) En revanche, même si ce n’est qu’un divertissement, cela n’empêche pas de faire les choses du mieux possible en s’appliquant.

Ainsi les explications suivantes ne valent que ce qu’elles valent, d’après ma toute petite « expérience » personnelle qui est très limitée. Mais au final il n’y a rien de vraiment bien compliqué :-)

Les conditions de la prise de vue

Prendre la lumière

Je commence par cette partie, car je considère que c’est le point le plus important pour les photos. En effet, ce sont les lumières et les lieux de prises de vue qui font l’essentiel de mes photos, bien plus que le matériel utilisé. Bien souvent, il faut juste savoir attendre les bonnes conditions pour photographier, et se trouver au bon endroit au bon moment.  Avoir une bonne paire de chaussures de randos (ou des bottes bien étanches) est souvent plus utile que le tout dernier appareil photo!

Installation du trépied au Pic de Mus – Lozère – Juillet

Installation du trépied au Pic de Mus – Lozère – Juillet

Les  lumières que je trouve les plus intéressantes se rencontrent dans un  délai d’environ une demi-heure avant le lever du soleil, jusqu’à environ deux à trois heures heures après. C’est bien sûr variable suivant la saison, les températures, et la méteo du moment. Souvent les temps orageux, ou la période qui succède immédiatement une zone de pluie, sont de très bons moments pour la photo. Certains endroits également sont plus propices aux belles lumières, l’Aubrac a très  souvent de superbes lumières même en pleine journée…

Il faut généralement se trouver sur place une bonne heure avant le lever du soleil, histoire de pouvoir changer d’endroit si les conditions ne semblent pas bonnes. Pour les ambiances brumeuses que j’aime, j’observe beaucoup la météo des jours  précédant une éventuelle sortie photo: par exemple si une journée est  pluvieuse, que la nuit est claire, alors la matinée suivante a de fortes chances d’être brumeuse, surtout dans les vallées encaissées (Aveyron, Lot)…  Mais bon, ça ne marche pas à tous les coups! Ensuite il faut très bien connaître le coin, avec des repérages sur les cartes topographiques ainsi que sur le terrain, afin de trouver les endroits où  l’exposition par rapport au lever du soleil est correcte, notamment  pour les contre-jours.

Sur le terrain, si les conditions de  lumière ne sont pas bonnes, pas comme je l’espérais, alors il ne faut tout simplement pas photographier, et accepter de rentrer sans aucune photo regardable. C’est peut être une contrainte, mais cela permet surtout d’être très sélectif… Même si le numérique permet des prises  de vues multiples sans coûts supplémentaires, je trouve que cela ne sert  à rien de faire des images qui au final iront de toute manière  rejoindre la corbeille.

Prendre son temps

Une chose que je trouve aussi importante, c’est de prendre son temps pour photographier. Mieux vaut en faire peu en s’appliquant, que de mitrailler à tout va en espérant avoir une bonne image dans le lot.

Le panoramique « oblige » à s’appliquer: installation, voir la composition de l’image avant que le panoramique ne soit assemblé, tout cela prend un peu plus de temps… Mais prendre son temps est valable pour toutes les images… C’est aussi important d’apprécier le lieu, de le regarder, de faire le chemin pour l’atteindre, que d’essayer d’en ressortir une image regardable, sans  passer son temps derrière l’appareil et ses réglages… Je conserve rarement plus de 8 ou 10 images sur une sortie d’une demi-journée, et la plupart du temps c’est moins…

 

Matériels et techniques

Contrejour en vallée d’Olt – Aveyron – Novembre

Contrejour en vallée d’Olt – Aveyron – Novembre

Mes photos sont réalisées à l’aide d’un reflex numérique, et de quelques objectifs qui l’accompagnent, avec des focales allant de 15 à 600mm (en équivalence 24×36)… La marque et le modèle sont sans grande importance.

Les photographies sont la plupart du temps réalisées sur trépied, équipé souvent d’une tête panoramique… j’utilise régulièrement le pré-relevage du miroir de l’appareil pour éviter les vibrations pouvant survenir lors de l’appui sur le déclencheur.

J’évite ainsi  toute perte de netteté sur la prise de vue, celles-ci étant assez  souvent réalisées par lumière faible (avant le lever du soleil), ce qui  implique une vitesse d’obturation souvent relativement longue, de l’ordre du 1/30eme de seconde ou plus, vitesse où les vibrations sont souvent les plus sensibles pour un appareil.

J’utilise autant que possible les sensibilités isos les plus basses possibles, même si désormais avec les appareils récents les images sont très propres au niveau bruit jusqu’à 1600 isos. Une sensibilité iso basse permet de préserver un rendu des couleurs le plus fidèle possible, ainsi qu’une dynamique plus large, ce qui pour moi est bien plus important que la qualité d’image en très hauts isos (supérieurs à 3200isos).



Les focales

Mes focales de prédilection  démarrent aux alentours de 80mm (toujours en équivalence 24×36, sinon on  ne s’en sort pas avec ces histoires de coefficients), et vont jusqu’à  300mm, voire 400mm. les panoramiques sont souvent faits à environ 200mm.

J’aime les effets de perspective que donne une focale longue sur un paysage, en donnant l’impression de tasser et de rapprocher les plans. cela permet aussi de saisir ou ‘isoler un détail dans un paysage

Les longues  focales ont aussi une influence sur les couleurs dominantes d’une image…  Elles permettent d’obtenir un rendu particulier, comme un ciel jaune ou rouge sur l’ensemble d’une photo, et cela sans post-traitement ;-) … Ca peut paraître bizarre, mais c’est assez simple finalement.

Cela fait d’ailleurs partie des remarques que l’on me fait ou des questions que l’on me pose souvent: « Un ciel rouge ça n’existe pas!« , « Elles viennent d’où ces couleurs bizarres? »… Et il y en a plein d’autres… :mrgreen:

En effet, en se concentrant sur une zone très réduite d’un paysage, cela permet d’en isoler les couleurs… Allez avec un exemple ça sera plus parlant…

Un panoramique avec un ciel et une ambiance relativement « rouges »… Focale 400mm

aubrac-hauts-plateaux-depuis-croix-quille-goutals-020 - ph00036

Le même paysage, quasiment au même moment, mais avec une focale de 24mm…

aubrac-croix-quille-goutals-lever-soleil-030 - ph00025

On reconnaît la première image où le soleil se lève… mais les couleurs sont tout de suite plus « classiques » non? ;-)

Les filtres

A  la prise de vue, j’utilise souvent des filtre gris dégradés  (marque  Leefilter), en choisissant parmi différents modèles qui ont des dégradés de densités et de transitions différentes. La densité la plus utilisée est le 0.9, quelques fois le 0.6, jamais le 0.3, quasiment inutile.

Ces filtres permettent, en  assombrissant le ciel ou les zones les plus lumineuses, de réduire ou  d’éviter les zones surexposées que l’appareil photo ne peut restituer  correctement à cause d’une dynamique trop faible, notamment lors de  contre-jour, et ceci sans modifier les couleurs originales de la prise  de vue.

J’utilise également pour les filés, des filtres vissant gris, principalement les modèles bw106 et 110, qui permettent respectivement de perdre 6 et 10 diaphragmes.

Une petite remarque à ce sujet, on trouve souvent les appellations « nd10″ ou « nd3.0″ qui sont toutes les deux des « nd » (neutral density) complètement équivalentes, mais qui ne sont pas basées sur la même mesure… Cela pour simplifier le tout :roll:

Un nd3.0 , c’est sous la forme de la mesure de la densité optique, qui correspond au logarithme décimal de l’autre… ouf…

Donc pour résumer, on obtient à peu près ça en équivalence:

Filtre gris neutre Densité optique Perte de diaph Temps de pose à multiplier par
nd2 0.3 - 1 diaph 2
nd4 0.6 - 2 4
nd8 0.9 -3 8
nd16 1.2 -4 16
nd32 1.5 -5 32
nd64 1.8 -6  (filtre bw106) 64
nd128 2.1 -7 128
nd256 2.4 -8 256
nd512 2.7 -9 512
nd1024 3.0 -10 (filtre bw110) 1024

Voilà, comme quoi c’était tout simple :mrgreen:

Pour les filtres polarisants, je n’aime pas vramient, alors je ne m’en sers pas.


Les panoramiques

Ma tête panoramique

Ma tête panoramique

Depuis 2007, je me suis mis à la prise de vue ne format panoramique, étant attiré depuis longtemps par ce type d’image.

On considère souvent qu’un panoramique consiste à « rentrer » le paysage le plus large possible, dans une image au format étiré dans sa largeur.

Le panoramique, pour moi, c’est une image au rapport 3:1, c’est à dire un format tel que le 20×60, le 30×90, le 40×120, jusqu’à plus grand.  Cela pourrait être aussi en vertical, mais j’en fais très rarement.

Peut importe que le paysage englobe des kilomètres d’horizon, ou que le sujet soit une simple jonquille dans un pré… La seule chose importante c’est le format de l’image :)

Les  panoramiques sont réalisés à partir de plusieurs images prises en format vertical, en général entre 8 et 12 selon le recouvrement entre  les images (à l’exception de quelques-uns pris en horizontal), afin de  bénéficier de la plus grande dimension d’image sur la hauteur.

Dans  la grande majorité des cas, (95%), les photos sont prises sur trépied, avec  une tête dédiée (photographie ci-contre) permettant une rotation précise  de l’appareil, sur un plan parfaitement horizontal, et avec une  rigidité parfaite.

La tête panoramique me permet de paufiner mon cadrage à la prise de vue. En effet je m’efforce à avoir sur le terrain  le cadrage le plus proche possible de l’image définitive au format 3:1.

Elle  facilite aussi la stabilité, vu que j’utilise souvent des focales aux  alentours de 200mm. Et en cas de premier plan rapproché, elle facile le  travail du logiciel lors de l’assemblage, afin d’éviter les raccords  fantômes.

Mon ensemble actuel est constitué d’un trépied carbone Feisol, d’une rotule Arca-Swiss P0, et d’une tête panoramique RRS. Un ensemble très rigide qui reste léger (environ deux kilos l’ensemble).

Les photos sont ensuite assemblées grâce au logiciel Autopano Pro.

Pour  illustrer tout cela, vous pouvez trouver ci-dessous un exemple de  montage d’un panoramique sous Autopano 2.0, avec les images initiales,  l’assemblage réalisé par le logiciel, et l’image finale au format 3:1  après retouches (contrastes et léger débouchage du sol).

Sur cet  exemple, les bords verticaux gauche et droits de l’image assemblée sont  obliques en s’écartant l’un de l’autre du bas vers le haut, ce qui indique que l’appareil  était en légère contre-plongée à la prise de vue.

Une remarque relative à cet exemple, le nombre d’image prises en compte est très élevé, avec un recouvrement important entre-elles. dans ce cas je « saute » souvent une image sur deux lors de leur assemblage. ce recouvrement important m’est souvent utile en cas de photos à contre-jour, avec le soleil dans le champs (ou à proximité) car en cas de flare cela permets de les éliminer en les remplaçant par la même partie d’image, récupérée sur une autre sans flare.

tech_pano_010.jpg

Mais il est aussi possible de se passer de la tête panoramique dans certains cas, qui nécessitent « moins » de  précautions à  la prise de vue. C’est notamment le cas des panoramiques  faciles, avec une lumière suffisante, une focale pas trop longue, et pas  de premier plan proche.

Dans ce cas, il faut bien soigner la  rotation de l’appareil, en faisant pivoter le corps autour de  l’appareil, et non pas l’inverse. Avec un peu d’habitude et de pratique,  cela ce fait assez facilement.

Voici un autre exemple de  panoramique, celui-ci est réalisé à main levée, le cadrage définitif  étant indiqué en rouge. On peut voir que l’espacement entre les images  est plus aléatoire, et qu’elles ne s’alignent pas parfaitement l’une à  l’autre sur leur hauteur.

tech_pano_020.jpg

Pour du panoramique  à main levée, cela reste toutefois pas trop mal je pense! :-)

Le post-traitement des photos

En ce qui me concerne, les retouches apportées ne doivent pas dénaturer l’ambiance capturée à la prise de vue. Elles peuvent permettre de mieux restituer une ambiance en corrigeant un défaut de l’appareil  (par exemple un plan sous-exposé lors d’un contre jour).

En outre l’image produite par l’appareil, c’est celle de l’appareil, pas la mienne ;-), et elle me convient rarement. J’aime donner une touche personnelle à mes photos, notamment pour les contrastes et la saturation.

Mais je pense que la  présence ou l’absence de post-traitement sur les photos est un faux débat. Il y a de toute façon toujours un traitement dès lors qu’une photo est prise: Le noir et blanc est en lui-même une retouche; de même que de jouer sur la profondeur de champ pour augmenter un flou d’arrière-plan… Et cadrer de façon à éviter qu’un pylone électrique  apparaisse dans l’image, cela pourrait presque être assimilé à une retouche… Et je ne parle pas des panoramiques où je fais du collage d’images. :mrgreen:

Le plus important, cela reste la prise de vue. Si une belle lumière n’est pas présente à ce moment, alors aucun post-traitement ne la fera apparaître ou venir…

En post-traitement, j’effectue principalement un travail sur les contrastes, en les relevant sur certaines zones.

Souvent aussi, je désature légèrement les photos après traitement des contrastes, bien que la mode actuelle soit plutôt à la sur-saturation des couleurs,  je trouve en général que l’ajout de contraste augmente artificiellement la saturation, souvent de façon pas très harmonieuse. Et puis la saturation à outrance comme c’est parfois (souvent? ;-) ) le cas, je trouve cela assez  lassant…

Sur certaines images, je peux aussi « combler » une  zone, ou supprimer une herbe qui est trop disgracieuse, que je n’ai pas vu au cadrage. Il peut y avoir aussi un flare à supprimer en cas de photo à contre-jour, ce qui peut prendre plus de temps de retouche.

Je n’ai en général pas plus d’un quart d’heure de « travail » (hors temps de traitement des logiciels) sur une image jusqu’à sa version définitive.

Comme  logiciels, j’utilise lightroom, Corel Paint Shop Pro X, et Autopano pro déjà évoqué plus haut, pour les panoramiques.

Arnaud