Techniques

Des informations sur mes photos me sont souvent demandées, concernant les lieux, le matériel, les retouches effectuées… Cette page tente donc d’apporter quelques précisions sur mes images.
Pour simplifier tout de suite, je n’ai aucune formation ni « culture » photographique, qui d’ailleurs ne me passionne pas vraiment; ce sont plutôt les paysages que je photographie qui m’intéressent.  Je n’ai pas non plus d’attachement particulier à un matériel ou à une marque, à quelques exceptions près un appareil photo n’est la plupart du temps qu’un simple boitier en plastique contenant de l’électronique fabriqué en grande série à l’autre bout du monde, il n’y a donc pas de quoi s’enthousiasmer pour une des grandes marque plutôt qu’une autre…
Pour moi faire des photos c’est un peu comme un jeu, au même titre que je pratique le vtt… En revanche, cela n’empêche pas de faire les choses du mieux possible en s’appliquant. Ainsi les explications suivantes ne valent que ce qu’elles valent, d’après ma toute petite « expérience » personnelle qui est très limitée. Mais au final il n’y a rien de vraiment bien compliqué.

 

Les conditions de la prise de vue

Prendre la lumière

En attente, Fontanilles Haut, Nasbinals, Lozère, Février

En attente, Fontanilles Haut, Nasbinals, Lozère, Février

Je commence par cette partie, car je considère que c’est le point le plus important pour les photos. En effet, ce sont les lumières et les lieux de prises de vue qui font l’essentiel de mes photos, bien plus que le matériel utilisé, ou le traitement appliqué à l’image. Bien souvent, il faut juste savoir attendre les bonnes conditions pour photographier, et se trouver au bon endroit au bon moment.  Avoir une bonne paire de chaussures de rando (ou des bottes bien étanches) est souvent plus utile que le tout dernier appareil photo!

Les  lumières que je trouve les plus intéressantes se rencontrent dans un  délai d’environ une demi-heure avant le lever du soleil, jusqu’à environ deux à trois heures après. C’est bien sûr variable suivant la saison, les températures, et la méteo du moment. Souvent les temps orageux, ou la période qui succède immédiatement une zone de pluie, sont de très bons moments pour la photo. Certains endroits également sont plus propices aux belles lumières, l’Aubrac a très  souvent de superbes lumières même en pleine journée…

Il faut généralement se trouver sur place largement une bonne heure avant le lever du soleil, histoire de pouvoir changer d’endroit si les conditions ne semblent pas bonnes. Pour les ambiances brumeuses que j’aime, j’observe beaucoup la météo des jours  précédant une éventuelle sortie photo: par exemple si une journée est  pluvieuse, que la nuit est claire, alors la matinée suivante a de fortes chances d’être brumeuse, surtout dans les vallées encaissées (Aveyron, Lot)…  Mais bon, ça ne marche pas à tous les coups! Ensuite il faut très bien connaître le coin, avec des repérages sur les cartes topographiques ainsi que sur le terrain, afin de trouver les endroits où  l’exposition par rapport au lever du soleil est correcte, notamment  pour les contre-jours. Je passe bien plus de temps à ne pas faire d’images lors d’une sortie photo.

Sur le terrain, si les conditions de  lumière ne sont pas bonnes, pas comme je l’espérais, alors il ne faut tout simplement pas photographier, et accepter de rentrer sans aucune photo regardable. C’est peut être une contrainte, mais cela permet surtout d’être très sélectif… Même si le numérique permet des prises  de vues multiples sans coûts supplémentaires, je trouve que cela ne sert  à rien de faire des images qui au final iront de toute manière rejoindre la corbeille.

 

Prendre son temps

Une chose que je trouve aussi importante, c’est de prendre son temps pour photographier. Mieux vaut en faire peu en s’appliquant, que de mitrailler à tout va en espérant avoir une bonne image dans le lot. Je conserve rarement plus de 8 ou 10 images sur une sortie d’une demi-journée, et la plupart du temps c’est moins…

La photo panoramique « oblige » également à s’appliquer: l’installation, voir le cadrage et la composition de l’image finale avant que les différentes photos composant le panoramique final ne soit assemblé, régler l’exposition pour qu’elle soit correcte sur l’ensemble des images, tout cela prend un peu plus de temps…

C’est aussi important de prendre son temps pour apprécier le lieu, le regarder, faire le chemin pour l’atteindre…

 

Matériels et techniques

Mes photos sont réalisées à l’aide d’un reflex numérique, et de quelques objectifs qui l’accompagnent, avec des focales allant de 15 à 450mm (en équivalence 24×36)… La marque et le modèle sont sans grande importance.

Les photographies sont la plupart du temps réalisées sur trépied, équipé souvent d’une tête panoramique… j’utilise régulièrement le pré-relevage du miroir de l’appareil avec la télécommande pour éviter les vibrations pouvant survenir lors de l’appui sur le déclencheur. J’évite ainsi  toute perte de netteté sur la prise de vue, celles-ci étant assez  souvent réalisées par lumière faible (avant le lever du soleil), ce qui  implique une vitesse d’obturation souvent relativement longue, de l’ordre du 1/30eme de seconde ou plus, vitesse où les vibrations sont souvent les plus sensibles pour un appareil.

 

Les focales

Mes focales de prédilection  démarrent aux alentours de 80mm (toujours en équivalence 24×36, sinon on  ne s’en sort pas avec ces histoires de coefficients), et vont jusqu’à  300mm, voire 400mm. les panoramiques sont souvent faits à environ 200mm.

J’aime les effets de perspective que donne une focale longue sur un paysage, en donnant l’impression de tasser et de rapprocher les plans. cela permet aussi de saisir ou d‘isoler un détail dans un paysage.

Les longues  focales ont aussi une influence sur les couleurs dominantes d’une image…  Elles permettent d’obtenir un rendu particulier en « isolant » une couleur, comme un ciel jaune ou rouge sur l’ensemble d’une photo, sans post-traitement … Cela peut paraître bizarre, mais c’est assez simple finalement.

Un exemple: Panoramique avec un ciel et une ambiance relativement « rouges »… Focale 400mm

Depuis la Croix des Goutals, Saint Urcize, Cantal, Août

Depuis la Croix des Goutals, Saint Urcize, Cantal, Août

Le même paysage, quasiment au même moment, mais avec une focale de 24mm

La Croix des Goutals, Saint Urcize, Cantal, Août

La Croix des Goutals, Saint Urcize, Cantal, Août

On retrouve la première image où le soleil se lève, mais les couleurs de l’ensemble de l’image sont plus classiques, et au final ce sont deux images bien différentes d’un même endroit.

 

Les filtres

A  la prise de vue, j’utilise souvent des filtre gris dégradés (marque  Leefilter), en choisissant parmi différents modèles qui ont des dégradés de densités et de transitions différentes. La densité la plus utilisée est le 0.9, quelques fois le 0.6, jamais le 0.3, quasiment inutile.

Ces filtres permettent, en  assombrissant le ciel ou les zones les plus lumineuses, de réduire ou  d’éviter les zones surexposées que l’appareil photo ne peut restituer  correctement à cause d’une dynamique trop faible, notamment lors de  contre-jour, et ceci sans modifier les couleurs originales de la prise  de vue.

J’utilise également pour les filés d’eau, de nuages ou de brumes, des filtres vissant gris, qui permettent de perdre 6 ou 10 diaphragmes.

Une petite remarque à ce sujet, on trouve souvent les appellations «nd10» ou «nd3.0» qui sont toutes les deux des « nd » (neutral density) complètement équivalentes, mais qui ne sont pas basées sur la même mesure, pour simplifier… Un nd3.0 , c’est sous la forme de la mesure de la densité optique, qui correspond au logarithme décimal de l’autre… ouf…

Donc pour résumer, on obtient à peu près ça en équivalence pour quelques filtres:

Filtre gris neutre

Densité optique

Perte de diaph

Temps de pose x

nd4

0.6

– 2

4

nd8

0.9

– 3

8

nd16

1.2

– 4

16

nd64

1.8

– 6  (filtre bw106)

64

nd1024

3.0

-10 (filtre bw110)

1024

Voilà, comme quoi c’était tout simple…

Pour les filtres polarisants, je n’en utilise pas.

 

Les panoramiques

Depuis 2007, je me suis mis à la prise de vue ne format panoramique, étant attiré depuis longtemps par ce type d’image.

On considère souvent qu’un panoramique consiste à « rentrer » le paysage le plus large possible, dans une image au format étiré dans sa largeur. Le panoramique, pour moi, c’est une image au rapport 3:1, c’est à dire un format tel que le 20×60, le 30×90, le 40×120, jusqu’à plus grand.  Cela pourrait être aussi en vertical, mais j’en fais très rarement. Peut importe que le paysage englobe des kilomètres d’horizon, ou que le sujet soit une simple jonquille dans un pré… La seule chose importante c’est le format de l’image

Les  panoramiques sont réalisés à partir de plusieurs images prises en format vertical, en général entre 8 et 12 selon le recouvrement entre  les images (à l’exception de quelques-uns pris en horizontal), afin de  bénéficier de la plus grande dimension d’image sur la hauteur.

Dans  la grande majorité des cas, (95%), les photos sont prises sur trépied, avec  une tête dédiée (photographie ci-contre) permettant une rotation précise  de l’appareil, sur un plan parfaitement horizontal, et avec une  rigidité parfaite.

La tête panoramique me permet de peaufiner mon cadrage à la prise de vue. En effet je m’efforce d’obtenir sur le terrain  le cadrage le plus proche possible de l’image définitive au format 3:1.

Elle  facilite aussi la stabilité, vu que j’utilise souvent des focales aux  alentours de 200mm. Et en cas de premier plan rapproché, elle facile le  travail du logiciel lors de l’assemblage, afin d’éviter les raccords  fantômes, même si un logiciel comme Autopano fait des miracles.

Mon ensemble actuel est constitué d’un trépied carbone Feisol, d’une rotule Arca-Swiss P0, et d’une tête panoramique RRS. Un ensemble très rigide qui reste léger (environ deux kilos l’ensemble).

Une petite remarque, j’ai aussi des images au format 2:1 dans les galeries de ce site, qui sont aussi réalisées par assemblage.

Les photos sont ensuite assemblées grâce au logiciel Autopano Pro, que j’utilise depuis sa première version.

Pour  illustrer tout cela, vous pouvez trouver ci-dessous un exemple de  montage d’un panoramique sous Autopano 2.0, avec les images initiales,  l’assemblage réalisé par le logiciel, et l’image finale au format 3:1  après retouches (contrastes et léger débouchage du sol).

exemple assemblage panoramique

exemple assemblage panoramique

Une remarque relative à cet exemple, le nombre d’image prises en compte est très élevé, avec un recouvrement important entre-elles. dans ce cas je « saute » souvent une image sur deux lors de leur assemblage. ce recouvrement important m’est souvent utile en cas de photos à contre-jour, avec le soleil dans le champs (ou à proximité) car en cas de flare cela permets de les éliminer en les remplaçant par la même partie d’image, récupérée sur une autre sans flare.

Mais il est aussi possible de se passer de la tête panoramique dans certains cas, qui nécessitent « moins » de  précautions à  la prise de vue. C’est notamment le cas des panoramiques  faciles, avec une lumière suffisante, une focale pas trop longue, et pas  de premier plan proche.

Dans ce cas, il faut bien soigner la  rotation de l’appareil, en faisant pivoter le corps autour de  l’appareil, et non pas l’inverse. Avec un peu d’habitude et de pratique,  cela ce fait assez facilement.

 

Le traitement des images

En ce qui me concerne, les retouches apportées ne doivent pas dénaturer l’ambiance capturée à la prise de vue. Elles peuvent cependant permettre de mieux restituer une ambiance en corrigeant un défaut de l’appareil (par exemple un plan sous-exposé lors d’un contre jour).

Mais je pense que la  présence ou l’absence de post-traitement sur les photos est un faux débat. Il y a de toute façon toujours un traitement dès lors qu’une photo est prise: Le noir et blanc est en lui-même une retouche; de même que de jouer sur la profondeur de champ pour augmenter un flou d’arrière-plan… Et cadrer de façon à éviter qu’un pylône électrique  apparaisse dans l’image, cela pourrait presque être assimilé à une retouche…

Le plus important, cela reste la prise de vue. Si une belle lumière n’est pas présente à ce moment, alors aucun post-traitement ne la fera apparaître ou venir, même si on voit de plus en plus de scripts Lightroom ou Photoshop visant à « sublimer » les images…

En post-traitement, j’effectue principalement un travail sur les contrastes, en les relevant sur certaines zones. Souvent aussi, je désature légèrement les photos après traitement des contrastes, bien que la mode actuelle soit plutôt à la sur-saturation des couleurs,  je trouve en général que l’ajout de contraste augmente artificiellement la saturation, souvent de façon pas très harmonieuse. Et puis la saturation à outrance comme c’est parfois (souvent? ) le cas, je trouve cela assez  lassant…

Sur certaines images, je peux aussi « combler » une  zone, ou supprimer une herbe qui est trop disgracieuse, que je n’ai pas vu au cadrage. Il peut y avoir aussi un flare à supprimer en cas de photo à contre-jour, ce qui peut prendre plus de temps de retouche.

Je n’ai en général pas plus d’un quart d’heure de « travail » (hors temps de traitement des logiciels) sur une image jusqu’à sa version définitive.

Comme  logiciels, j’utilise Capture One pour le traitement des raw,  Autopano pro déjà évoqué plus haut pour les panoramiques, et Corel Paint Shop Pro X pour finaliser les traitements.